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Dauphins dans le bassin d’Arcachon : un été 2026 d’émerveillement pour petits et grands

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Cet été 2026, nous avons eu la chance de croiser des dauphins dans le bassin d’Arcachon, à plusieurs reprises, au fil de nos balades en bateau. Je suis Marie-Élisabeth, skipper professionnelle au petit port d’Arcachon, et j’embarque huit passagers au maximum à bord du Marie One. Des dauphins, on en aperçoit d’ailleurs régulièrement au large. Mais les voir entrer dans le Bassin depuis un petit bateau, au milieu d’enfants qui retiennent leur souffle et de parents qui en oublient de filmer, c’est une autre histoire. Voici le récit de ces rencontres, comment j’ai tranché entre dauphin et marsouin, et les règles que nous suivons pour ne surtout pas les déranger.

Des dauphins dans le bassin d’Arcachon : ce que nous avons vu cet été

Selon le Parc naturel marin, on observe régulièrement des dauphins au large du bassin d’Arcachon. Cet été pourtant, plusieurs groupes ont franchi les passes pour entrer dans le Bassin. Ils ne venaient pas pour admirer la dune, mais pour chasser.

Nous les avons observés au moment où ils regagnaient le large, sur la marée descendante. Le Bassin se vidait, alors ils filaient avec le courant vers l’océan, en surface, avec cette nage souple qui donne l’impression que l’effort n’existe pas. Un dos luisant, un aileron, puis un autre. Et sur le bateau, le même silence à chaque fois.

Ce qui m’a le plus marquée, c’est que l’émerveillement était exactement le même chez les petits et chez les grands. Car devant un dauphin, plus personne n’a d’âge. Les enfants pointent du doigt, les adultes chuchotent, et plus personne ne pense à la crème solaire.

Pourquoi les dauphins entrent dans le Bassin en été

Réponse courte : pour se nourrir. Les dauphins sont en effet des chasseurs et, en été, le Bassin ressemble à un garde-manger qui se remplit deux fois par jour. Maquereaux, mulets, seiches, poulpes : ils suivent les bancs là où ils se trouvent, y compris de ce côté-ci des passes.

La marée fait ensuite le reste. Le Bassin se vide et se remplit en moyenne de 384 millions de mètres cubes d’eau, deux fois par jour, pour une marée de coefficient 70. Avec une telle respiration, les poissons entrent et sortent, et leurs prédateurs suivent le mouvement. Voir des dauphins repartir vers l’océan au jusant n’a donc rien d’un hasard : ils sortent avec l’eau qui sort.

Faut-il parler d’un retour des dauphins dans le bassin d’Arcachon ? Prudence. Certes, le Parc naturel marin rappelle qu’un groupe de grands dauphins a vécu à l’intérieur du Bassin jusque dans les années 2000, mais aucun groupe résident ne s’y est réinstallé depuis. Interrogé début août par France 3 Nouvelle-Aquitaine, Olivier Van Canneyt, de l’Observatoire Pelagis de La Rochelle, avance plutôt une explication alimentaire : la zone de nourrissage s’est rapprochée du littoral. Ajoutez à cela davantage de bateaux sur l’eau en été, donc plus de témoins et plus de vidéos, et vous obtenez l’impression d’une invasion. Les dauphins, eux, ne lisent pas les réseaux sociaux.

Dauphin ou marsouin ? Comment je les ai reconnus

Sur le moment, je me suis posé la question. Et elle n’a rien de naïf, car dans le périmètre du Parc naturel marin, le cétacé qui semble aujourd’hui le plus représenté est le marsouin commun, pas le dauphin. Ce petit cétacé discret fréquente surtout l’ouvert du Bassin et gagne le large en hiver, comme l’ont montré les études acoustiques MARSAC (2012-2014) et LISEA (2015-2016) menées avec des hydrophones, que détaille le Parc naturel marin sur son site. Avant de crier « dauphins ! », il faut donc regarder. C’est finalement en les observant que j’ai conclu à la présence de dauphins communs, et voici sur quoi je me suis appuyée.

Le comportement : des joueurs face à des discrets

La première différence se voit avant même de distinguer une silhouette. Les dauphins sont sociables, joueurs et parfois acrobates : sauts hors de l’eau, voire pirouettes. Ce sont aussi des chasseurs en coopération, qui poursuivent les poissons en surface de manière coordonnée, en rabattant le banc à plusieurs. Il leur arrive également de venir surfer sur la vague d’étrave des bateaux.

Le marsouin, lui, cultive plutôt la discrétion. Il se montre seul ou en petits groupes, et nage sans sauts spectaculaires : un dos arrondi qui affleure, une respiration, et il a déjà disparu. Mon repère de skipper est donc simple : si vous hésitez, c’est souvent un marsouin. Un groupe de dauphins en chasse, en revanche, on ne se demande pas s’il est là.

La silhouette : le rostre et l’aileron

Lorsque l’animal passe assez près, deux détails suffisent. Le dauphin porte un rostre allongé et fin, ce « bec » qui lui dessine un profil élancé. Le marsouin, au contraire, a une tête arrondie et un bec court, qui prolonge la tête presque sans rupture. L’aileron dorsal confirme ensuite le diagnostic : petit et triangulaire chez le marsouin, plus grand et en forme de faucille chez le dauphin.

Pour s’en souvenir sur l’eau :

  • Le comportement : grégaire, joueur et souvent aérien pour le dauphin, alors que le marsouin reste discret et sans sauts.
  • La tête : rostre long et fin chez le dauphin, tandis que le marsouin a une tête ronde et un bec court.
  • L’aileron : en faucille chez le dauphin, mais triangulaire chez le marsouin.
  • La taille : jusqu’à 2,5 mètres pour le dauphin commun, entre 1,5 et 2 mètres pour le marsouin commun.

Dauphin commun ou grand dauphin : la nuance que je vous dois

Reste une précision. Le dauphin commun et le grand dauphin sont en fait deux espèces distinctes, qui fréquentent toutes deux le golfe de Gascogne. Le Parc naturel marin cite le dauphin commun comme le petit cétacé le plus souvent observé au large et dans l’ouvert du Bassin, et c’est lui que j’ai reconnu. Mais cet été, l’Observatoire Pelagis a aussi signalé des grands dauphins dans les eaux du bassin d’Arcachon.

Pour les départager, regardez d’abord les flancs. Le dauphin commun porte un dessin en sablier, avec une tache jaune-ocre à l’avant. Le grand dauphin, plus massif et doté d’un rostre plus court, a les flancs gris, sans ce dessin. Vous avez des photos de cet été ? Zoomez sur les flancs : vous aurez ainsi votre réponse.

Voir des dauphins dans le bassin d’Arcachon sans les déranger

Le Bassin fait partie du Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon, une aire marine protégée créée en 2014. Les dauphins y sont des animaux sauvages et, avant tout, protégés par la loi. Depuis le 1er janvier 2021, l’arrêté du 1er juillet 2011 sur la protection des mammifères marins, modifié en 2020, range l’approche d’un cétacé à moins de 100 mètres dans une aire marine protégée parmi les perturbations intentionnelles. Autrement dit, c’est interdit.

Sur l’eau, les règles de conduite du Parc naturel marin s’appliquent dans une zone de vigilance de 300 mètres autour des animaux :

  • Plus de 100 mètres de distance. Si les dauphins s’approchent malgré tout d’eux-mêmes, on passe au point mort et on coupe le moteur.
  • Une approche par le côté, de l’arrière vers l’avant, jamais devant ni derrière le groupe.
  • 5 nœuds maximum, à vitesse régulière, calée sur l’animal le plus lent.
  • Un cap régulier, sans jamais couper leur trajectoire.
  • Ni baignade, ni contact, ni nourriture, pour leur sécurité comme pour la vôtre.
  • 30 minutes d’observation au plus, et moins encore en présence de nouveau-nés.
  • On s’éloigne aux premiers signes de dérangement : plongées plus longues et plus fréquentes, changements brusques de direction.

À bord, cela se traduit très simplement : quand les dauphins sont là, c’est le bateau qui s’adapte, jamais l’inverse. Ainsi, nous les avons regardés partir sans les suivre. Honnêtement, c’est aussi ce qui rend ces moments si forts. On ne provoque rien, on assiste.

Enfin, si vous en croisez depuis votre propre bateau, vous pouvez signaler votre observation sur l’application OBSenMER, que recommande le Parc naturel marin. Chaque signalement aide les scientifiques à mieux connaître ces espèces.

Ce qu’une balade sur le Bassin vous promet vraiment

Je vais être franche : je ne vous promettrai jamais de dauphins dans le bassin d’Arcachon. Ce sont des animaux sauvages, qui vont là où va le poisson, et c’est très bien ainsi. D’ailleurs, même les sorties spécialisées dans l’observation des cétacés, qui partent au large, ne donnent aucune garantie.

Ce que le Bassin promet, en revanche, il le tient à chaque sortie. Le tour de l’île aux Oiseaux et de ses cabanes tchanquées, les parcs à huîtres qui se découvrent à marée basse, les oiseaux, la lumière qui change d’une heure à l’autre. Les horaires de départ sont fixes, mais c’est le parcours qui s’adapte au coefficient de marée, avec parfois une escale à pied quand l’eau le permet.

Et puis il y a la taille du bateau. Sur un petit bateau de huit passagers, le silence s’obtient bien plus facilement qu’à bord d’une vedette d’une trentaine de personnes. Si bien que, lorsqu’un aileron apparaît, tout le monde le voit, et personne ne joue des coudes.

Partir à la rencontre du bassin d’Arcachon, et peut-être de ses dauphins

Les infos pratiques

Les balades partent du petit port d’Arcachon, rue Célerier, au ponton Transport de Passagers. Chaque sortie dure 2 heures et l’on navigue toute l’année. Quatre départs sont proposés chaque jour : 9h, 12h, 15h et 18h30. Vous embarquez à huit au maximum à bord du Marie One, un bowrider de 7 mètres, car c’est la limite du bateau. La réservation est gratuite et le paiement se fait sur place, avant l’embarquement.

Les tarifs, et le Pass Famille pour les petits et les grands

  • 40 € par personne en individuel
  • 38 € par personne en groupe, à partir de 6 personnes
  • Pass Famille pour un couple et ses enfants : de 115 € (un enfant) à 290 € (six enfants)

Pour comparer les créneaux et choisir celui qui vous ressemble, tout est détaillé dans notre guide pour choisir sa balade en bateau sur le bassin d’Arcachon. Vous préférez en parler de vive voix ? Appelez-moi au 07 67 63 17 49, je réponds moi-même.

Au plaisir, donc, de vous faire découvrir le bassin d’Arcachon, et qui sait, de vous présenter quelques dauphins.

Votre skipper,
Marie-Élisabeth